RESEAU ARCHIMEDE, Acteurs franciliens du tourisme solidaire


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Un Mot sur Dora Valayer

“Quand le tourisme de masse est né, on a vraiment cru qu’il ouvrait la porte à une rencontre des cultures, à une nouvelle forme d’échanges entre Nord et Sud, entre riches et pauvres. Maintenant qu’il est devenu la plus importante industrie du monde, on constate qu’il s’est parfois retourné contre les populations qui, à part quelques unes, en voient peu les bénéfices. Il suffit pourtant de peu de choses pour infléchir ce redoutable engrenage, sans que les vacances en soient gâchées, au contraire”.

Dora Valayer - Transverses

Le militantisme de Dora Valayer pour "un autre tourisme" est né lors d'un séjour en Algérie, après l'indépendance. "J'ai réalisé que le voyage culturel ne signifie pas cumuler de l'information, mais remettre en question sa propre culture." Depuis, Dora Valayer n'a pas sillonné le monde. Elle est restée fidèle à deux destinations principales: l'Algérie et l'Inde. Au début des années 80, une coalition d'associations d'Europe du Nord crée un réseau, le Tourism European Network (TEN), auquel Dora Valayer s'associe. Il s'agit d'organiser la convergence entre les organismes qui tirent les sonnettes d'alarme au Sud et ceux qui développent la prise de conscience au Nord. En 1992, le TEN organise une conférence mondiale à Bangkok sur la prostitution enfantine. Dora Valayer y participe et écrit un rapport pour le ministère français de la Santé: "Prostitution enfantine et tourisme".
Deux ans plus tard, elle crée l'association Transverses. "Il existe davantage de citoyens responsables que de touristes responsables, parce que les vacances sont par définition un temps vide, à part, en dehors du temps social", explique-t-elle. C'est pour cela que le militantisme associé au tourisme est encore embryonnaire. Transverses essaie d'y remédier, notamment à travers la publication d'un trimestriel (Transverses Info). Dora Valayer cherche également à sensibiliser les professionnels en donnant des cours dans des écoles de tourisme. "Non seulement les populations doivent être consultées [sur l'implantation d'activités touristiques], mais elles doivent y participer et devenir de véritables acteurs d'un développement local durable", affirme-t-elle. A ses yeux, le tourisme responsable se joue aussi au niveau individuel: au moment du choix de la destination et de l'organisateur et à travers le comportement au cours du voyage: "il faut savoir être disponible et prendre le temps de la rencontre".

Le respect des hôtes, par Dora Valayer, éd. Labor et Fides, 1993.


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